La transmission des entreprises françaises pourrait devenir l’un des grands défis économiques des prochaines années. Selon les chiffres avancés par Germain Simoneau, associé de Carmine Capital et président d’une commission des Entrepreneurs, environ 500 000 sociétés devront trouver un repreneur dans les dix prochaines années. Quelque trois millions d’emplois seraient concernés.
La transmission familiale montre notamment ses limites. D’après les données citées dans sa tribune, seulement 17 % des enfants de dirigeants français reprennent l’entreprise familiale. Cette proportion atteindrait 50 % en Allemagne, 67 % en Italie et dépasserait 80 % en Suède. Pourtant, une large majorité des chefs d’entreprise français souhaiteraient transmettre leur activité à leurs enfants.
Pour Germain Simoneau, la fiscalité et le financement ne suffisent pas à expliquer cet écart. Il estime que la France doit également agir sur son rapport culturel à l’entrepreneuriat. Les nouvelles générations peuvent avoir observé les contraintes vécues par leurs parents dirigeants et préférer d’autres trajectoires professionnelles.
La reprise pourrait donc davantage s’ouvrir aux salariés et aux cadres déjà présents dans les entreprises. Leur connaissance du métier et du fonctionnement interne peut constituer un point de départ pour envisager une transmission hors du cercle familial.
L’auteur de la tribune défend également une sensibilisation plus précoce à l’entrepreneuriat, notamment à l’école, grâce à des rencontres avec des dirigeants et des repreneurs. Son idée centrale : faciliter financièrement les transmissions reste nécessaire, mais encore faut-il susciter suffisamment de vocations pour reprendre les entreprises concernées.