Entreprises Innovations

Entrepreneuriat féminin : pourquoi attendre le moment parfait peut freiner le passage à l’action

Créer son entreprise ne commence pas forcément par un déclic spectaculaire. Pour de nombreuses femmes, la décision se construit progressivement, au fil d’une insatisfaction professionnelle, d’une opportunité ou simplement de la nécessité de trouver une nouvelle source de revenus.

Séverine Le Loarne-Lemaire, professeure à Grenoble École de Management, analyse cette décision à travers plusieurs facteurs. L’envie d’entreprendre compte, mais l’environnement social et la confiance dans sa propre capacité à réussir jouent également un rôle important. La chercheuse constate notamment que certaines femmes retardent leur projet en attendant de réunir toutes les conditions qu’elles jugent nécessaires.

Le passage de l’intention à la création reste d’ailleurs un point sensible. D’après le baromètre Infogreffe, les femmes représentaient 31,1 % des créations d’entreprises en 2025. Elles sont aussi nombreuses à anticiper des difficultés : financement, risque d’échec ou encore équilibre entre activité professionnelle et vie personnelle.

Le parcours de Delphine Remy-Boutang illustre une autre approche. Après une carrière chez IBM, elle s’est tournée vers l’entrepreneuriat et a notamment cofondé la Journée de la Femme Digitale. En 2026, elle repart sur un nouveau projet avec Laurence Lafont : Assilva, une application utilisant l’intelligence artificielle pour proposer des activités aux plus de 65 ans.

La présence de modèles entrepreneuriaux dans l’entourage peut également peser dans la décision. Selon Séverine Le Loarne-Lemaire, près de quatre dirigeants français sur dix comptent parmi leurs proches un parent, un oncle ou une tante ayant dirigé une entreprise.