En 2025, l’entrepreneuriat français affiche un paradoxe saisissant : le nombre de créations d’entreprise bat des records, tandis que la pression sur les dirigeants ne cesse de croître. Selon l’enquête nationale menée par le réseau Initiative France auprès de 1 747 entrepreneurs et entrepreneuses, 1 165 800 entreprises ont vu le jour, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024.
Les micro-entreprises et sociétés progressent, alors que les entreprises individuelles traditionnelles connaissent un léger recul. 04Mais ce dynamisme se double d’une fragilité inquiétante : 68 057 entreprises ont été placées en procédure judiciaire, avec des secteurs particulièrement touchés comme l’hébergement-restauration, l’agriculture ou la santé.
Les dirigeants de TPE font face à une charge mentale accrue, à des formalités administratives lourdes et à des marges qui se réduisent. La trésorerie reste tendue et la rémunération souvent insatisfaisante, surtout chez les femmes entrepreneuses.
Malgré ces tensions, l’envie d’entreprendre reste forte : 88 % se disent heureux au travail et 41 % citent l’épanouissement personnel comme moteur de leur projet. L’indépendance et le goût du défi resteront des moteurs essentiels. Les outils numériques et l’IA sont désormais des alliés indispensables pour alléger la gestion quotidienne, tandis que l’accompagnement professionnel, via expert-comptable, banques ou réseaux associatifs, apparaît comme un facteur clé de survie.
Pour 2026, l’optimisme est prudent : une majorité prévoit une situation stable, mais les inquiétudes liées à l’inflation, à la croissance et à la fiscalité persistent. Entre dynamisme record et défis quotidiens, l’entrepreneuriat en France continue de naviguer dans une zone de turbulence.